21 Sep – 27 Oct. 2012

Crédit photo : Nicolas Brasseur


Un voyage sans carte peut-il être décrit?
Une durée peut-elle être mesurée afin d'être perçue?
Une expérience peut-elle être recréée?
Toute expérience peut-elle être rendue intelligible?

Lorsque, avec verve et lyrisme, Claude Lévi-Strauss décrit dans Tristes Tropiques, un coucher de soleil auquel il a assisté à bord du navire Mendoza lors de son voyage de Marseille au Brésil dans les années 30, il ouvre aussi une réflexion sur l'observation. Il raconte comment cette expérience fut en fait le contraire d'un voyage. Comme il l'écrit, «  plutôt que moyen de transport, le bateau nous semblait demeure et foyer, à la porte duquel le plateau tournant du monde eût arrêté chaque jour un décor nouveau ». Il était conscient que, s'il trouvait un langage qui puisse rendre intelligible son expérience, pour communiquer les phases et les séquences de cet événement unique qu'est un coucher de soleil dont il savait qu'il se ne reproduit jamais à l'identique, il atteindrait aux plus intimes secrets de son métier. Comme il l'a dit à un journaliste, ce livre a été un examen de lui-même vivant ces expériences, un moyen de réintégrer l'observateur dans l'objet de son observation.
Vittorio Santoro

À l'occasion de cette première exposition à la galerie Jérôme Poggi, une sélection de vidéos et de films de l'artiste est montrée au Centre Pompidou à Paris: Vittorio Santoro Filmic Works, Cinema 2, 24 Octobre à 19:00


Visuel : Le permis de navigation pour mineur de Bas Jan Ader, émis en juillet de 1959, a été récemment retrouvé. Une note écrite par sa mère se trouve à l'intérieur: « Mme J.A. Ader Appels donne à son fils, Bastiaan Johan Christiaan Ader, l'autorisation d'aller en mer ».